Bill Mollison est mort

Bill Mollison
Bill Mollison

Bill Mollison, le fondateur du concept de la permaculture avec David Homlgren est mort le 24 septembre dernier en Australie, son pays d’origine. Il avait 88 ans. Cela n’a pas fait la une des journaux et pourtant, depuis les années 70, il a formé des centaines de milliers de personnes et est l’inspirateur de milliers de projets de par le monde. C’était un révolutionnaire qui avait compris que la plus grande révolution ne se fait pas sur les barricades mais dans les jardins. Parce que la meilleure façon de changer le monde est de commencer par changer soi-même et à ne plus soutenir un système dont on ne veut pas :

« Le plus changement que nous devons faire est de passer de la consommation à la production, même sur une toute petite surface dans nos jardins. Si seulement 10 % d’entre nous faisait cela, il y aurait assez pour tout le monde. D’où la futilité des révolutionnaires qui n’ont pas de jardins et qui dépendent du système qu’ils attaquent et produisent des mots et des balles au lieu de produire de la nourriture et des toits. »

Ce n’était donc pas un rêveur du grand soir, c’était un pragmatique qui a exploré tout ce qui pouvait contribuer à respecter les trois piliers de l’éthique issue des peuples d’écosystèmes : Prendre soin de la Terre, Prendre soin des gens, Limiter la consommation et partager l’abondance. Presque jusqu’à la fin de sa vie, il a parcouru la Terre sans relâche pour partager au plus grand nombre ses idées et des techniques pour créer des modes de vie durables avec des résultats tangibles dans les communautés qui ont transformé leur environnement agricole et social pour appliquer la permaculture.

La première génération de permaculteurs commence à disparaître. L’année dernière, c’est Patrick Whitefield qui nous a quitté au terme d’une vie à enseigner la permaculture et à écrire des livres, dont « Créer un jardin-forêt » que j’ai eu la joie de traduire en français. La permaculture n’a cessé d’évoluer depuis sa création. Et depuis le début Bill Mollison, avec d’autres, ont veillé à ce que le concept ne soit pas dénaturé. On a vu des groupes vouloir en faire comme une religion, d’autres se sont un peu éparpillés jusqu’à perdre la netteté de la vision. Aujourd’hui, certains présentent la permaculture comme une technique de jardinage. Rien n’est plus réducteur et plus dangereux pour l’écosystème ! Car, par exemple, installer des baissières (un grand classique en permaculture) en Grande-Bretagne où il pleut beaucoup et régulièrement, c’est se créer un marécage, pas faire de la permaculture qui est d’abord une adaptation à son lieu de vie. Il est à souhaiter que nous tous de la famille de la permaculture sachions retourner à la source de temps de temps, à savoir les premiers écrits de Bill Mollison, pour ne pas perdre ce qui fait la richesse des idées de la permaculture : créer le monde qui nous convient en laissant à nos enfants une Terre en meilleure état que nous l’avons reçue de nos parents.

Merci Bill pour m’avoir donné les clés pour créer une vie meilleure pour moi et mes enfants !